SIN CITY

SIN CITY
Voici donc ma première critique d'une adaptation de comic book au cinéma , et pas des moindres vu qu'à mes yeux , il s'agit de la meilleur ( même devant Conan le Barbare ) . Pourtant , l'œuvre culte de Frank Miller ( un des piliers du comic , à qui l'on doit notamment Dardevil et certains Batman ) , semblait être difficile à porter à l'écran : très inspirée des films et romans noirs des années 50 , des pulp fictions , l'œuvre adoptait un style graphique unique , le noir et blanc hyper contrasté ; aussi les inconditionnels de l'œuvre était en droit de se demander , à l'annonce de l'adaptation , comment allait être porté sur grand écran cette bande dessinée unique et par qui . Le réalisateur choisi , lui , est Robert Rodriguez , ce qui peut laisser perplexe lorsque l'on regarde de près ( ou de loin ) la filmographie de l'homme ( Desperado 1 et 2 , Spy Kids ... ) . Or , ce dernier , s'est retiré de la ligue des réalisateurs hollywoodiens pour créditer Frank Miller comme réalisateur . Ainsi , au générique , on a : filmé et monté par Robert Rodriguez , mis en scène et réalisé par Frank Miller , avec comme réalisateur invité Quentin Tarantino . Tout de suite , on est rassuré .

Sin City est une ville infestée de criminels, de flics ripoux et de femmes fatales.
Hartigan s'est juré de protéger Nancy, une strip-teaseuse qui l'a fait craquer.
Marv, un marginal brutal mais philosophe, part en mission pour venger la mort de son unique véritable amour, Goldie.
Dwight est l'amant secret de Shellie. Il passe ses nuits à protéger Gail et les filles des bas quartiers de Jackie Boy, un flic pourri, violent et incontrôlable.
Certains ont soif de vengeance, d'autres recherchent leur salut. Bienvenue à Sin City, la ville du vice et du péché.


Beaucoup d'éléments frappent lorsque l'on voit Sin City , comme quoi , l'œuvre ne laisse pas indifférent . Il y a tout d'abord la qualité graphique : le film est en noir et blanc , comme le livre . Oui , mais pas n'importe quel noir et blanc : car ici on a affaire à un magnifique noir et blanc contrasté ; un peu le même que dans le chapitre 6 de Kill Bill : massacre à two pines , et relevé de touches de couleur . Dans le comic book , seul le Yellow Bastard était en couleur , pour faire ressortir son aspect « mutant » , ici , il n'est pas le seul : le sang , qui était tout le temps blanc est ici parfois rouge , et d'autres objets son également coloré , ainsi que Goldie , qui apparaît en couleur . Cela donne au film un cachet très personnel , et le rend magnifique : ainsi , Sin City est l'un des films les plus esthétique qui existe . On se croirait vraiment devant une bande dessinée , impression d'autant plus renforcée par le fait que chaque plan est identique à la case qui lui correspond dans le film , on peut parler ici de fidélité parfaite , rien , absolument rien n'a été changé , aussi les fans n'auront pas de surprises en découvrant le film . Les décors , eux , sont en numérique , mais paraissent bien réels , contrairement au récent « capitaine sky et le monde de demain » . Une vrai réussite visuelle , oui , mais pas uniquement visuelle .
On peut également parler du casting , parfait tout simplement , si bien qu'on n'avait presque pas vu pareille distribution depuis Pulp Fiction . Tous les acteurs ( tous célèbres ) ont été choisis de manière à ressembler parfaitement aux personnages de la bande dessinée , si bien qu'au générique , lorsque les dessins des personnages défilent avec le nom des acteurs , on croirait voir une galerie de portraits . Mais en plus de mettre en scène des acteurs d 'exception ( Benicio del Toro , Bruce Willis , Clive Owen , Rutger Hauer , Rosario Dawson et plein d'autres ) , Sin City marque le grand retour de Mickey Rourke , que l'on avait plus vu depuis des années , et qui est parfait dans le rôle de Marv , brute au visage et au cœur déchirés .
Le film , lui , se divise en trois segments , chacun représentant un volume de l'œuvre ( les tomes 1 , 3 et 4 ) . Bien que les histoires ne soient pas croisées à proprement parler , il y a quelques éléments communs aux trois segments . Chaque segment a sa propre histoire et son héros , et suit des enjeux dramatiques propres . Là encore , on ressent l'inspiration des années 50 , avec ces personnages d'une extrême noirceur , et l'utilisation des voix off pour les héros ne fait que confirmer cette inspiration .
La musique , très présente et à la fois discrète , remplit à merveille son rôle , et participe grandement à l'ambiance du film , de ce côté là aussi le travail est excellent .
Mais alors , malgré tous ces bon points , qu'est-ce qui fait de Sin City un excellent film ? Et bien c'est tout simplement la richesse du livre lui même qui , porté à l'écran , donne un vrai univers , avec des personnages charismatiques , forts , des rebondissements , de l'action et bien sur une violence très présente , même si son impact est largement diminué par son aspect graphique et son côté « bande dessiné » , mais aussi des passages émouvants , et un romantisme certes rare mais bien présent , en relation avec des thèmes très sérieux ( la vengeance , l'amour , l'honneur ) . Grâce à tous ces éléments , on est donc en face d'une œuvre à la fois riche et profonde , mais aussi diablement divertissante , où les péripéties s'enchaînent avec rapidité , et où l'on découvre les personnages . Le film , lui , remplit donc alors totalement son contrat , puisqu'il est parfaitement fidèle au matériau de départ , et qu'il divertit également ceux qui ne connaissent pas le livre . Pour une fois , on est heureux qu'un film de cette envergure ait bénéficié d'un petit budget , car ainsi le contrôle artistique a été total pour l 'équipe du film , Miller et Rodriguez ayant pu adapter le livre « case par case » sans se soucier de la censure et ont pu nous livrer leur montage ( comme c'est de moins en moins le cas à Hollywood , d'où l'essor des « director's cut » ) . Et c'est là qu'ils ont également étonné , car en réalisant leur film indépendant ils ont fait une des plus grandes surprises de 2005 et ont eu un succès commercial étonnant .

Pour finir , que dire de Sin City ? Ce film est pour une des meilleurs transpositions d'un univers au cinéma , et la meilleur adaptation de bande dessinée , qualité qu'il doit à l'œuvre de Maître Miller . Le film est impressionnant , semble avoir coûté dix fois son prix , il est à la fois très riche et très divertissant , émouvant , beau , et servi par une interprétation unique . Le chef d'œuvre de Robert Rodriguez ? Non , Le chef d'œuvre de Robert Rodriquez et de Frank Miller . Un film déjà culte , qui gagne à être revu pour mieux comprendre les enjeux dramatiques des protagonistes , mais aussi pour jouir encore d'une beauté et d'une richesse rare . Un grand film .

Ma note : 10/10 . C'est en quelque sorte le film que je rêvais de voir depuis des années . L'aboutissement d'un art , le rêve d'un artiste . Je vais céder aux dithyrambes : Un chef d'œuvre !

# Posted on Monday, 31 October 2005 at 6:04 AM

Edited on Thursday, 07 June 2007 at 12:56 AM

ZATOICHI

ZATOICHI
Premier film asiatique que je critique , Zatoichi a été une récente surprise pour moi , et est devenu , avec le temps , mon film de Takeshi Kitano préféré . Zatoichi est un personnage récurent du cinéma japonais , c'est en quelque sorte le Zorro de l'archipel . Comme la plus part des japonais de son âge , Kitano a grandi en même temps que le nombre de films mettant en scène ce personnage ( interprété par Shintaro Katsu ) augmentaient ( il y a beaucout de Zatoichi , aussi l'éditeur Wild Side video les réédite en dvd , avis aux amateurs ) . Zatoichi est un masseur aveugle , qui se sert aussi bien des huiles de massage que du katana . Il parcourt les campagnes du japon féodal et bien sur , à chaque village où il s'arrète , il trouve une bande de méchants très méchants et des villageois terrorisés . D'une simplicité enfentine , le scénario de chaque Zatoichi peut parraître idiot : il s'agitr d'une simple histoire où un héros vient tuer des méchants . On nage donc en plein divertissement populaire . Connaissant Kitano pour son originalité , nous nous demandions ci ce dernier allait changer LA recette qui marche depuis des dizaines d'années . Rassurez vous , il n'en est rien .

Au Japon, au XIXe siècle, Zatoichi est un voyageur aveugle gagnant sa vie comme joueur professionnel et masseur. Mais derrière son humble apparence, il est un redoutable combattant, rapide comme l'éclair et dont les coups s'avèrent d'une stupéfiante précision.
Alors qu'il traverse la montagne, il découvre une petite ville entièrement sous la coupe d'un gang. Son chef, Ginzo, se débarasse de tous ceux qui osent se dresser sur son chemin, d'autant plus efficacement qu'il a engagé un redoutable samouraï ronin, Hattori.


Après une musique relativement classique de Joe Hisashi ( compositeur attitré de Takeshi Kitano ) , le film démarre rapidement , avec une scène où une bande de voleurs tente de voler la cane/katana ( innovation par rapport aux anciens opus ) de Zatoichi ( interprété par Kitano lui même , parfait dans le rôle ) . Mais bien sûr , comme ce dernier est Zatoichi , il entend tout et tranche la main d'un des brigands d'un rapide coup de lame . Le ton est donné : le film est violent , classique , et promet un divertissement de qualité .
Ainisi , tout au long du film , on suit une aventure classique d'un Zatoichi : il arrive au village , loge chez une femme , joue et gagne beacoup d'argent ( il est imbattable grâce à son ouïe ) , prend connaîssance de la situation ( un méchant terrorise le village , il se sert d'un ronin très fort qui se bat pour sauver sa femme malade ) et va bien sur tuer le ronin et le méchant à la fin du film . Comme dit précédemment , c'est du pur Zatoichi . En revanche , ce qui est intéressant , c'est ce que Kitano lui même apporte à la légende , et autant dire tout de suite que sa contribution est de taille .

On retrouve au cours du film le style de Kitano : un héros violent ( Zatoichi tranche tout chez ses ennemis ) , la musique de Joe Hisashi , mais aussi des éléments imprévisibles , que Kitano aime mettre en valeure dans ses films , et bien sur , une utilisation à contre emploi des acteurs .
Le film regorge de trouvailles très bien mises en scène , comme la séquence où de paysans bêchent un champ , et le bruit des coups donne une douce musique très mélodieuse . Ces trouvailles sont également visuelles , comme les combats , très bien chorégraphiés et originaux ( il y a peu de coups échangés entre Zatoichi et ses victîmes , et le sang gigle de façon très esthétique et graphique ) . La plupart des lames sont réalisées numériquement , et le sang aussi gigle "par ordinateur" , ce qui permet à Kitano les folies visuelles les plus poussées .
La photographie est très léchée , et le film baigne dans un esthétique nippon du meilleur goût .
Les décors et les costumes , eux , bien que classiques , son excellents : on est bien dans un petit village rural du japon féodal , avec des paysans , de geishas , des auberges où l'on boît le saké et des maisons de jeu ; ici aussi on est en plein clacissisme , mais cet aspect ne fait que servir le film , et c'est tant mieux . On voit très bien que Kitano a pu concrétiser son rêve d'enfant , à savoir tourner un Zatoichi , mais joue aussi le rôle de son héros . Il est excellent de revoir Kitano dans le rôle d'un héros violent et qui parle peu ( rôle qui rappelle un de ses films : Sonatine , où il interprétait un tueur autiste et très violent ) . Il se permet les folies visuelles les plus folles : combat d'un héros invincible contre des dizaines d'adversairs avec giglées de sang et de membres esthétisantes ( Kill Bill n'a rien inventé dans ce sens là ) qui respectent des conventions du cinéma japonais , humour noir , trouvailles ingénieuses ( la cane/katana , la citare/katana , la geisha travestie qui est un homme ) , idées visuelles intéressants ( la scène des flash backs , d'un esthétisme saisissant ,dont le passage avec Zatoichi , jouissif ) , et on sent qu'il a pu concrétiser son rêve .

Que dire pour conclure ? Zatoichi est un film extrêmement divertissant , parfois drôle , classique et à la fois original , prenant , violent , très bien joué et très bien réalisé , qui nous prouve que la légende n'est pas morte . Le meilleur Zatoichi depuis "Zatoichi contre Yojimbo" , et à mon goût , le meilleur film de son auteur , car le plus assumé et le plus abouti . Anthologique .

Ma note : 8/10
A savourer . une preuve que le cinéma de divertissement japonais n'est pas mort .
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Sunday, 30 October 2005 at 7:02 AM

LA 25ème HEURE

LA 25ème HEURE
Avant dernier opus en date de Spike Lee , représentant du cinéma "black" actuel , La 25ème heure est une pièce importante dans la filmographie de son auteur . En effet , ce film marque un changement décisif de registre pour ce cinéaste qui délaisse son côté provocateur et son parti pris pour les noirs pour se tourner vers un type de cinéma plus intéressant , plus mature ( malheureusement , c'est pour l'instant le seul film de cette trempe dans sa carrière , en attendant inside man , prévu pour 2006 , non que ses autres films soient mauvais )
Un film intelligent qui pose des questions existentielles ( que ferions nous si il ne nous restait qu'une journée à vivre ? ) , en abordant des thèmes importants ( le regret , par exemple ) , mais aussi une magnifique déclaration d'amour à New York ( différente mais tout aussi belle que celle de Woody Allen dans Manhattan ) , un New York défiguré par les attentats du 11 septembre 2001 ( certains plans en témoignent ) . Le meilleur film de Spike Lee ?

Monty Brogman (Edward Norton) vient d'être condamné à sept ans de prison pour ses activités de dealer de drogue. Il ne lui reste plus que 24 heures de liberté, 24 heures qu'il va passer auprès de ses amis d'enfance, sa copine, son père et son gang. Qui l'a dénoncé ? Cette question le perturbe moins que de faire le point sur sa vie. Face à la perspective de l'horreur que représentent sept longues années en prison, Monty sait qu'il n'a que trois choix : accepter son sort, s'enfuir ou se suicider.

Le film démarre après des images des tours jumelles de lumières , des images projetées après la destruction des vrais bâtiments . Le thème du film ( très beau et très simple à la fois ) accompagne ces images à la fois belles et tristes , qui font office de générique ) .
Tout d'abord , le spectateur ne sait pas trop ce qui se passe bien qu'il connaisse l'idée de base du film . En fait , le film débute pendant la dernière journée de Monty ( Montgomery ) Brogman , et les actions qui l'ont amené à cette journée seront relatés pendant de cours flash backs , ce qui ne rend pas le récit plus difficile à suivre , tant la narration est linéaire et chronologie
La qualité visuelle frappe tout de suite : après les plans des tours jumelles , on voit New York , filmé avec de façon de à lui donner une réelle intensité . On comprend alors que c'est le New York de Spike Lee , celui qu'il aime . Et c'est au cours de nombreux plans qu'il nous fera découvrir sa ville , un peu comme Michael Mann dans Collateral .
Les acteurs sont tous excellents , que ce soit Edward Norton ( meilleur rôle depuis Fight Club , mais qui n'égale quand même pas la prestation qu'il a livré dans le chef d'œuvre de Fincher ) , qui change pour une fois de registre , en interprétant un personnage plus classique , mais aussi plus tragique ; aussi bien que tous les autres rôles ( Brian Cox , Philip Seymour Hoffman , Barry Pepper , tous les trois parfaits ) , quant aux rôles féminins , ils sont très bien tenus ( Rosario Dawson et Anna Paquin ) .
La musique , elle , est parfaitement en accord avec le reste du film , à la fois magnifique , mélodieuse et très simple .

Mais le plus marquant dans ce film , ce sont les enjeux dramatiques . Spike Lee n'essaye en aucun cas , en nous mettant face à nous un dealer de drogue qui regrette ses actes , de le rendre sympathique . Le film va plus loin que cela . On sait que Monty avait obtenu une bourse pour ses études , néanmoins il a choisi l'argent facile , il le regrette , mais comme dit Frank ( Barry Pepper ) , il s'est enrichi sur le malheur de pauvres gens , et mérite donc son sort . Seulement , son sort n'est pas si simple à accepter : quelque soit le choix de Monty , il finira obligatoirement par mourir , même si sa mort ne sera pas forcément physique . Mérite-t-il donc de mourir pour ses actes ? Telle sera la question à laquelle il va tenter de répondre pendant le film , il va se demander pourquoi le sort s'acharne sur lui , il va douter de lui , va regretter ses erreurs . Autant d'interrogations importantes , qu'on se pose tous un jour . L'exemple le plus frappant est la scène où Monty « emmerde » le monde , où il se retrouve face à lui même devant un miroir , pour finir par déclarer , en regardant son reflet : je te hais . Les autres personnages également ont leur propres motivations , parfois importantes ( le père de Monty , prêt à tout pour son unique fils , seule personne chère qui lui reste après la mort de sa femme ) parfois simples et bêtes ( l'élève ) . Les enjeux ne sont pas tous les mêmes pour tous les personnages , mais l'issue , elle , est malheureusement plus ou moins tragique pour tous les personnages . La fin aussi , est un moment d'émotion rare , à la fois originale et triste , alors que l'espace d'un instant elle laissait présager une fin heureuse . La 25ème heure est en quelque sorte une tragédie moderne , où tous les protagonistes font face à leur destin , qui malheureusement ne laisse qu'une issue .

Soulevant des interrogations existentielles avec une rare justesse , sans réelle partis pris , en mettant face au spectateur des personnages humains , dont chaque acte a une conséquence , en prouvant à quel point la vie vaut la peine d'être vécue , la 25ème heure s'impose comme un grand film , qui sait capter l'air du temps tout en immortalisant son message , une œuvre tragique et bouleversante , réalisée avec justesse , et qui saura toucher le spectateur , le faire réfléchir , et aussi le divertir . Le meilleur film de son auteur .

Ma note : 8/10
Un grand film , à la fois beau et tragique , qui ne laisse pas indifférent . Une œuvre magistrale .

# Posted on Saturday, 29 October 2005 at 3:01 PM

Edited on Sunday, 30 October 2005 at 3:03 AM

OLIVER TWIST

OLIVER TWIST
Nouveau film de Roman Polanski ( après le pianiste ) , Oliver Twist est l'adaptation fidèle du classique éponyme de Charles Dickens , ce qui , à la base , aurait pu donner une oeuvre magistrale , et facile d'accès ( d'après ce qu'il en dit , l'auteur a fait le film pour ces enfants ) . Malheureusement , il n'en est rien . Partant pourtant d'un postulat de départ alléchant , ayant bénéficié d'une campagne publicitaire conséquente ( bande annonce soignée , qui remplissait bien son rôle à savoir donner envie au spectateur de voir le film ) et ayant reçu une critique positive , le film parait définitivement raté ... Critique d'un fiasco

Dans un orphelinat de l'Angleterre victorienne, Oliver Twist survit au milieu de ses compagnons d'infortune. Mal nourri, exploité, il est placé dans une entreprise de pompes funèbres où, là encore, il ne connaît que privations et mauvais traitements. Oliver endure tout, jusqu'au jour où une provocation de trop le pousse à s'enfuir vers Londres.
Épuisé, affamé, il est recueilli par une bande de jeunes voleurs qui travaillent pour le vieux Fagin. Entre Dodger, Bill, Nancy et les autres, Oliver découvre un monde cruel où seules comptent la ruse et la force. Arrêté pour une tentative de vol qu'il n'a pas commis sur la personne de Mr. Brownlow, Oliver ne trahit pas sa bande et s'attire la bienveillance du brave homme. Mais Fagin et Bill ne tardent pas à remettre la main sur lui et l'obligent à participer au cambriolage de la demeure de son bienfaiteur...


Après un premier générique relativement sobre ( mais pas spécialement de bon goût ) , le film démarre . Enfin non , il ne démarre pas , et c'est là un des défauts majeurs du film : même deux heures après l'extinction des lumières , on se demande encore quand le film va démarrer . Sensation désagréable pour le spectateur , d'autant plus si celui ci est venu voir un « film pour la famille » .
On va donc dire qu'après le premier générique , c'est le film . La première chose frappante est l'esthétique générale du film , sa photographie : elle paraît classique dans les premiers plans ( ce qui semblait être le traitement adéquat pour le film ) , mais tout au long de la bande , on remarque une utilisation abusive , voire totale , du procédé de clair/obscur , ce qui n'est pas plaisant pour le spectateur et qui ne met en valeur ni les acteurs , ni les décors . Et voilà encore deux gros points faibles du film : ses acteurs et ses décors .
En effet , l'interprétation générale du film est un désastre à tous les niveaux . Les acteurs ne sont pas naturels , cabotinent à n'en plus pouvoir , et sont donc risibles à l'écran . Je pense notamment à Ben Kingsley ( Fagin ) , dont l'interprétation a été grandement saluée et qui n'en est pas moins horripilante et facile . Comme quoi , pour certain(e)s critiques , il suffit de se marcher en courbant le dos , d'avoir l'air pseudo effrayant et de cabotiner un maximum pour être un bon acteur , ce qui est regrettable . Mais si je parle ici de l'interprétation de Ben Kingsley et que je la critique , c'est à cause de sa médiatisation exagérée et insensée , les autres acteurs , que ce soient les enfants ( insupportables , si seulement ils avaient engagés des acteurs ... ) ou les adultes , tous contribuent à l'énervement du spectateur . La seul rôle bien tenu est celui d'Oliver Twist , interprété par le jeune Barney Clark , jeune acteur plein de talant .
Parlons maintenant des décors : récemment , on a rarement vu plus carton/patte . Là aussi , l'aspect grand public du film en pâtit , et on voie que plus de talents ( et pas de moyens ) auraient été nécessaires ici , quitte à travailler avec un grand studio ( certes , cela aurait diminué l'aspect prétentieux du film , minime mais existant )

Mais le film comporte de nombreux autres défauts , comme la musique ( horripilante , et au lieu d'avoir fait autant de battage médiatique autour du film , le studio aurait pu mettre plus de moyens sur ce plan là , quitte à acheter des morceaux de grands compositeurs ... ) et une très ( trop ) grande fidélité au roman , qui ne fait pas que servir le film , cela étant du au fait que certains éléments utiles dans le livres ne font qu'alourdir de film , alors que certaines coupures se seraient avérées nécessaires ( la scène de l'homme avec le visage noir , ou comment perdre cinq minutes pour rien , ou encore plein d'autres scènes )

Pour conclure , je dirai que tous ces défauts m'ont amené à ne pas aimer le film , d'autant plus que j'y suis allé en m'attentant à un mélange réussi entre cinéma de divertissement et cinéma d'auteur , chose qui m'a d'autant plus déçu car en s'assumant film d'auteur , beaucoup des erreurs auraient été pardonnées , et que si on veut faire du cinéma pour la famille , on y met les moyens , et on utilise bien le budget ( n'importe qui aurait put tenir de rôle de kingsley , qu'on ne reconnaît même pas ) . Au final , le film se cherche mais ne se trouve pas , et à force d'hésiter entre les genres ( parfois poétiques ) , le film est desservi et au final , on sort de la séance avec la désagréable impression d'avoir perdu du temps et de l'argent . A éviter

Ma note : 3/10 pour l'interprétation de B.Clark et quelque bonnes scènes ( celles en extérieur )
Un film raté

# Posted on Saturday, 29 October 2005 at 10:25 AM

Edited on Thursday, 07 June 2007 at 12:56 AM

BRAZIL

BRAZIL
Voici donc ma première critique , celle de BRAZIL , LE chef d'oeuvre de Terry Gilliam ( remarquez , il vaut mieux démarrer par là que par la critique d'un mauvais film je vous l'accorde ) . Il est important de préciser que ceci est une critique , et non une analyse du film , car là cela prendrait plusieurs dizaines de pages , et je pense que mon analyse serait plus qu'incomplète . Si vous voulez une analyse plutôt riche de ce monument , je vous conseille de vous rendre à l'adresse suivante :
http://membres.lycos.fr/brazil/

Dans un futur indéterminé, un dérèglement informatique entraîne le fonctionnaire Sam Lowry dans une aventure délirante. A la poursuite de la femme de ses rêves, pourchassé par les autorités, aidé par un criminel sympathique (Robert De Niro alias Turtle), Lowry va vivre une expérience étrange et cauchemardesque.

Terry Gilliam a eu l'idée de ce film sur ne plage du Pays de Galles : il se trouvait sur une plage sombre et laide , et écoutait la chanson "brazil" , vieille chanson à succès des années 30 . Le fait d'écoouter cette chanson dans un tel endroit contrastait entre la tristesse de la plage et l'éxostisme de la chanson , le "seul moyen d'évasion" . On retrouvera l'idée de la chanson dans le film : elle est la base de toute la bande originale , déclinée de plein de façons différentes , et l'air de la chanson deviendra le thème du film . Même les personnages siffleront cet air , notemment tuttle ( Robert De Niro , Magistral ) .

BRAZIL , comme les romans Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley , ou 1984 , de Gerge Orwell , est une Utopie . La société dépeinte dans BRAZIL pourrait être la notre dans quelques années ( le film est sorti en 1985 ) , ceci étant indiqué juste avant le début du film par le message suivant : 8H49 P.M SOMEWHERE IN THE 20TH CENTURY . C'est en quelque sorte un régime totallitaire , dominé par la bureaucratie ( la "paprasse" ) , où chaque individu est privé de ses libertés en quelque sorte . Un régime qui se croit implacable , infaillible , mais qui , à cause d'un simple insecte ( référence appuyée à Kafka ) , ôte la vie à un innocent . C'est donc dans ce climat à la fois sombre et comique ( on reconnaît l'humour de son auteur ) , utopique et dénonciateur ( Terry Gilliam imagine notre futur ainsi , BRAZIL à une dimension visionnaire ) que le récit se déroule . Le héros est Sam Lowry ( Jonathan Pryce , unique ) , un petit fonctionnaire qui travaille aux archives . Il est en quelque sorte un citoyen modèle , mais la nuit , quand il dort , il s'évade de ce monde gris à travers ses rêves . Dans ses rêves , il est une sorte de chevalier avec des ailes , qui vole au secours de sa "princesse" . L'erreur de frappe due à l'insecte va l'amener à être envoyé par son supérieur accomplir une mission auprès de la famille de la victime , et il va rencontrer Jill Layton ( Kim Greist ) , qui s'avère être la femme qu'il voit dans ses rêves . Ceci marque donc le début de la folle aventure que va vivre Sam , pleine de rebondissements . Mais continuer le résumé du film serait idiot pour les rares personnes n'ayant pas vu le film , donc je m'arrete là . Il est quand même important de noter une fin d'un pessimisme desarmant ( fin du montage voulu par Gilliam , celle du DVD Z2
Français )

Il y a donc de nombreux éléments qui font de brazil un chef d'oeuvre . Il y a d'abord ce monde , créé de toutes pièces par Terry Gilliam , qui fait ici preuve de son génie , sa dimension critique , mais aussi l'aspect visuel , d'une beauté rare ( les rêves , l'autoroutes , tous les décors en règle générale ) : On est devant une oeuvre d'art , réalisée avec un budget modeste de 15 millions de dollars ( on a rarement vu budget mieux exploité ) , une musique divine ( à partir de la chanson brazil ) , et un casting parfait ( s'ajoutent à ceux cité plus haut : Ian Holm ( Mr Kurtzman ) , dans un rôle innoubliable , mais aussi Bob Hoskins , parfait en technicien de " Central service " . Ce sont tous ces éléments , portés par une richesse thématique jamais égalée , qui font de BRAZIL l'oeuvre visionnaire de Science Fiction ultime , parfaite , la meilleure que l'on puisse voire à ce jour , du moins à mes yeux . Un chef d'oeuvre indémodable ( le film n'a pas vieilli ) que j'espère découvriront les générations à venir , et a marqué à tout jamais le cinéma ( BRAZIL à même inspiré Wallace et Gromit ! ) et le monde lui même . Un classique , point final .

Ma note : 10/10
Bien plus qu'un chef d'oeuvre ...

# Posted on Thursday, 27 October 2005 at 7:58 AM

Edited on Saturday, 29 October 2005 at 1:21 PM