Sin City est une ville infestée de criminels, de flics ripoux et de femmes fatales.
Hartigan s'est juré de protéger Nancy, une strip-teaseuse qui l'a fait craquer.
Marv, un marginal brutal mais philosophe, part en mission pour venger la mort de son unique véritable amour, Goldie.
Dwight est l'amant secret de Shellie. Il passe ses nuits à protéger Gail et les filles des bas quartiers de Jackie Boy, un flic pourri, violent et incontrôlable.
Certains ont soif de vengeance, d'autres recherchent leur salut. Bienvenue à Sin City, la ville du vice et du péché.
Beaucoup d'éléments frappent lorsque l'on voit Sin City , comme quoi , l'œuvre ne laisse pas indifférent . Il y a tout d'abord la qualité graphique : le film est en noir et blanc , comme le livre . Oui , mais pas n'importe quel noir et blanc : car ici on a affaire à un magnifique noir et blanc contrasté ; un peu le même que dans le chapitre 6 de Kill Bill : massacre à two pines , et relevé de touches de couleur . Dans le comic book , seul le Yellow Bastard était en couleur , pour faire ressortir son aspect « mutant » , ici , il n'est pas le seul : le sang , qui était tout le temps blanc est ici parfois rouge , et d'autres objets son également coloré , ainsi que Goldie , qui apparaît en couleur . Cela donne au film un cachet très personnel , et le rend magnifique : ainsi , Sin City est l'un des films les plus esthétique qui existe . On se croirait vraiment devant une bande dessinée , impression d'autant plus renforcée par le fait que chaque plan est identique à la case qui lui correspond dans le film , on peut parler ici de fidélité parfaite , rien , absolument rien n'a été changé , aussi les fans n'auront pas de surprises en découvrant le film . Les décors , eux , sont en numérique , mais paraissent bien réels , contrairement au récent « capitaine sky et le monde de demain » . Une vrai réussite visuelle , oui , mais pas uniquement visuelle .
On peut également parler du casting , parfait tout simplement , si bien qu'on n'avait presque pas vu pareille distribution depuis Pulp Fiction . Tous les acteurs ( tous célèbres ) ont été choisis de manière à ressembler parfaitement aux personnages de la bande dessinée , si bien qu'au générique , lorsque les dessins des personnages défilent avec le nom des acteurs , on croirait voir une galerie de portraits . Mais en plus de mettre en scène des acteurs d 'exception ( Benicio del Toro , Bruce Willis , Clive Owen , Rutger Hauer , Rosario Dawson et plein d'autres ) , Sin City marque le grand retour de Mickey Rourke , que l'on avait plus vu depuis des années , et qui est parfait dans le rôle de Marv , brute au visage et au cœur déchirés .
Le film , lui , se divise en trois segments , chacun représentant un volume de l'œuvre ( les tomes 1 , 3 et 4 ) . Bien que les histoires ne soient pas croisées à proprement parler , il y a quelques éléments communs aux trois segments . Chaque segment a sa propre histoire et son héros , et suit des enjeux dramatiques propres . Là encore , on ressent l'inspiration des années 50 , avec ces personnages d'une extrême noirceur , et l'utilisation des voix off pour les héros ne fait que confirmer cette inspiration .
La musique , très présente et à la fois discrète , remplit à merveille son rôle , et participe grandement à l'ambiance du film , de ce côté là aussi le travail est excellent .
Mais alors , malgré tous ces bon points , qu'est-ce qui fait de Sin City un excellent film ? Et bien c'est tout simplement la richesse du livre lui même qui , porté à l'écran , donne un vrai univers , avec des personnages charismatiques , forts , des rebondissements , de l'action et bien sur une violence très présente , même si son impact est largement diminué par son aspect graphique et son côté « bande dessiné » , mais aussi des passages émouvants , et un romantisme certes rare mais bien présent , en relation avec des thèmes très sérieux ( la vengeance , l'amour , l'honneur ) . Grâce à tous ces éléments , on est donc en face d'une œuvre à la fois riche et profonde , mais aussi diablement divertissante , où les péripéties s'enchaînent avec rapidité , et où l'on découvre les personnages . Le film , lui , remplit donc alors totalement son contrat , puisqu'il est parfaitement fidèle au matériau de départ , et qu'il divertit également ceux qui ne connaissent pas le livre . Pour une fois , on est heureux qu'un film de cette envergure ait bénéficié d'un petit budget , car ainsi le contrôle artistique a été total pour l 'équipe du film , Miller et Rodriguez ayant pu adapter le livre « case par case » sans se soucier de la censure et ont pu nous livrer leur montage ( comme c'est de moins en moins le cas à Hollywood , d'où l'essor des « director's cut » ) . Et c'est là qu'ils ont également étonné , car en réalisant leur film indépendant ils ont fait une des plus grandes surprises de 2005 et ont eu un succès commercial étonnant .
Pour finir , que dire de Sin City ? Ce film est pour une des meilleurs transpositions d'un univers au cinéma , et la meilleur adaptation de bande dessinée , qualité qu'il doit à l'œuvre de Maître Miller . Le film est impressionnant , semble avoir coûté dix fois son prix , il est à la fois très riche et très divertissant , émouvant , beau , et servi par une interprétation unique . Le chef d'œuvre de Robert Rodriguez ? Non , Le chef d'œuvre de Robert Rodriquez et de Frank Miller . Un film déjà culte , qui gagne à être revu pour mieux comprendre les enjeux dramatiques des protagonistes , mais aussi pour jouir encore d'une beauté et d'une richesse rare . Un grand film .
Ma note : 10/10 . C'est en quelque sorte le film que je rêvais de voir depuis des années . L'aboutissement d'un art , le rêve d'un artiste . Je vais céder aux dithyrambes : Un chef d'œuvre !




