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2006

2006
1 Miami Vice
2 Munich
3 La colline a des yeux
4 Les infiltrés
5 Lord of War
6 Les fils de L'homme
7 Le nouveau monde
8 The Fountain
9 Babel
10 Silent Hill

Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas vu année si remplie. Etablir le top fut difficile et les places ne sont pas définitives. Petit retour sur une année incroyable.

En première place un Miami Vice qui a fait l'effet d'une bombe. Mann atteint sa quintescence (enfin, plutôt avec Collateral mais il signe ici le sommet du polar). Classe, réaliste, novateur, divertissant. Du vrai chef d'oeuvre sur pellicule, sublimé par un rendu artistique hallucinant (même s'il divise) et une BO encore une fois à tomber (il fallait être fort pour caser de la house dans un film ou encore des morceaux comme Numb Encore). Comme vous l'aurez compris, je suis tombé amoureux du dernier bijou de Mann qui s'aura vite s'imposer comme une classique. Tout simplement indispensable.

Spielberg a frappé fort de son côté avec son thriller historique fracassant : Munich. Thématique ultra dense (au point de perdre ceux qui n'aurait pas suffisemment de repairs historiques, culturels et religieux), rendu visuel hallucinant, acteurs en état de grâce. Une reconstitution minutieuse mais avant un grand film sur la haine et la violence. Il y avait longtemps que Spielberg n'avait pas fait si mal (bien que sa guerre de mondes fut réjouissante). Il livre un sommet du thriller, un film qui échappe à tous les qualificatifs. Sublime.

L'horreur fut aussi à l'honneur avec La colline a des yeux version Aja. Sur un format standard le français arrive à développer toutes ses thématiques de façon crédible (contrairement au kistchissime film original où Doug se mettait d'un coup à courrir dans les collines avec son maillto de bain.) en étoffant ses personnages à travers des scènes courtes mais réaliste. Visuellement c'est beau, préférant le désert marocain aux décors cradingues habituels. Claque visuelle mais aussi horrifique car la peur est bel et bien au rendez vous (il est d'ailleurs conseillé de ne pas avoir vu l'original car cela pourrait gâcher la surprise). La violence est extrême, Aja n'évitant jamais le frontal. Bref magnifique, violent, classe, intense, gore, sublime, vrai. La colline a des yeux c'est de l'horreur ultime, à ne pas manquer.

Scorsese lui revient en force. A travers Les infiltrés, remake d'infernal affairs (polar intéressant mais souffrant des scories typiques du cinéma HK), le génie parvient à étaler encore une fois sa griffe : violence, réalisme, valeurs, ambiance, description. Après un gangs of new york mauvais et un aviator facile mais pas parfait, Scorsese revient au cinéma de la rue, celui qui l'a rendu célèbre. Pas de cynisme facile, juste une envie de réalisme qui s'exprime à travers un script malin et des acteurs sublimes (Di Caprio nous tirerait des larmes, Nicholson encore une fois fait son show et ça marche si bien). Un sommet de polar par un dieu du polar qui livre ici l'un de ses meilleurs films depuis longtemps, une vraie claque. A voir absolument.

Quel surprise j'ai eu le premier mercredi de 2006 en allant découvrir la dernière bombe d'Andrew Niccol, le bien nommé Lord of War. Monument de cynisme, porté par un Nicolas Cage génial (à son habitude) qui trouve ici l'un de ses meilleurs rôles. Un divertissement hautement intelligent qui refuse les compromis, c'est en quelque sorte une visite guidée réaliste (et très bien scénarisée) dans l'univers des traffics d'armes avec pour guide un Nicolas Cage qui arrive à tenir encore plus son public. Un film monstrueux, génial, si divertissant, si vrai. Les jeux de mots faciles on fusé à sa sortie mais je leur donne raison : Lord of War n'est pas une balle à blanc et fait mal, très mal.

Grosse surprise de la part du mexicain Alfonso Cuarron, qui signe un véritable sommet du film d'anticipation avec Les fils de L'homme. Je ne m'attendais à rien en allant le voir, j'ai tout simplement été boulversé. C'est en quelque sorte la somme de tout ce qu'on a pu trouver de mieux dans le cinéma d'anticipation de ces dernières années mixées par un Cuarron qui nous assène un coup avec une caméra nouvelle, avec des plans séquences à répétition. Faudrait-il écrire un livre pour détailler la richesse de ce chef d'oeuvre ? Je pense plutôt que la vision du film se suffit.

Un autre retout fracassant et pas n'importe lequel : Terrence Malick. Projet longtemps attendu, le nouveau monde débarque enfin et vis à vis de l'auteur que l'on connait on n'est pas déçu. Beau, intense, humaniste, on peine à décrire le nouveau monde par des qualificatifs autres que ceux que nous a enseigné Malick à travers sa courte mais grande filmographie. ce qui empêche le film de se hisser à une plus haute place serait la dernière partie à Londres que j'ai trouvé molle quoiqu'intéressante. Mais cela dit, ne passez pas à côté de ce chef d'oeuvre c'est un indispensable.

Cela faisait des années que l'on attendait The Fountain, le dernier Darren Aronofsky. Quand les feux se sont rallumés, je ne savais si je venais d'assister au plus grand film ou au plus grand navet de tous les temps. Après une nuit de sommeil agitée j'ai tranché pour chef d'oeuver incomparable, mais le choc est encore trop récent pour que je décide de le mettre devant des films qui m'ont semblé des évidences. Cela dit, je vous invite à lire ma critique qui résume bien ce que je pense du film (critique dans l'article ci-dessous). Ultime.

Autre Mexicain à nous asséner un grand coup : Alejandro Gonzalez Iñarritu. Après un 21 grammes intéressant mais trop envolé, il nous livre le sommet de sa carrière avec Babel, somme de toutes ses obsessions scénaristiques et formelles. En filmant ses histoires croisées à hauteur d'homme le mexicain ne trompe jamais son public et ne triche pas avec les sentiments et livre un concentré de drame dans ce film réaliste et poignant. Magnifique.

Enfin dernière grosse surprise de l'année et pas des moindres vu qu'il s'agit d'une adaptation de jeux vidéo. Mais attention, il s'agit de Silent Hill et c'est Christophe Gans qui est aux commandes. Au final un film novateur, plastiquement parfait, très vrai (les sentiments sont là). Il s'agit d'une horreur picturale, d'un univers diaboliquement cohérent et le français nous y plonge à grand renfort d'effets spéciaux ahurissants et de travellings impressionants. Un grand film non conventionnel qui sait se détacher de son modèle et de ses références pour arriver à gagner sa propre personalité. Inestimable.


Une année riche donc, avec d'autres bons films évidemment. Le Dahlia noir s'est avéré très bon malgré le fait qu'il ne reprenne qu'un dixième de l'un de mes bouquins préférés. Et j'ai pourtant beaucoup aimé. De Palma a une chance de revenir à son niveau d'excellence.
Le second volet des pirates des caraïbes fut également une bonne surprise. J'avais détesté le premier, le 2 m'a conquis malgré quelques menus défauts. Exotisme, sens de l'aventue, sens de l'épique mais aussi construction d'un univers riche digne d'une saga (une sage de 2 épisodes si le 3 est bon). Bref du vrai serial exotique et divertissant, bien fait.

2 grosses déceptions cependant
Le labyrinthe de Pan. J'en attendais énormément, au final j'y ai découvert un film qui pour atteindre le statut de chef d'oeuvre aurait du être tronqué de sa moitié. Lent mais pas toujours prenant, le dernier Del Toro fut pour moi une grosse déception aux vues de ce que j'en attendais même s'il demeurre un bon film.
Casino Royale était annoncé comme un sommet de film d'action, le renouveau d'une saga en perte de vitesse. C'est avec l'espérance de découvrir un "james bond begins" que je me suis assis et c'est déçu que je me suis levé. Pas si violent, pas si réaliste, le film se perd dans des considérations inutiles, change de ton en oubliant de garder au moins quelques repairs avec la saga. La moitié du film n'est pas toujours excellents, Craig n'est pas toujours convaincant. Mais certaines qualités font qu'on laissera une autre chance à la sage.

Les mauvais films feurent aussi légion et je n'ai pas l'intention de chroniquer des bouses comme Da Vinci Code (un navet puissance 1000), Sheitan (tout simplement atterrant, si c'est ça la jeunesse créative) ou encore plein d'autres.

Je veux également rendre un hommage à un film unique : The devil's rejects. J'aurais aimé le citer dans le top devant Babel et Silent Hill (au moins) tant ce film divin (ou plutôt démonique) mérite l'attention. Véritable concentré de culte, de culture, the devil's rejects est définitivement un chef d'oeuvre qui met sur pellicule tous nos fantasmes les plus fous. Un film en résumé indispensable et définitif, que je n'ai pas cité pour une raison qui m'échappe encore mais qui aurait plus que mérité.

Une année correcte également sur le plan du DVD. Là encore je ne vais pas m'éttendre sauf sur un point : la redécouverte de Blade Runner dans une copie restaurée qui assoit définivement le statut de chef d'oeuvre immense du film. Un bonheur pour tout cinéphile.

Ce fut une année monumentale et c'est en espérant celle ci tout aussi grande que je vous souhaite une bonne année.

# Posté le mardi 02 janvier 2007 09:47

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