IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE

IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE
Il était une fois en Amérique ... Oui , ma critique peut se finir après avoir écrit le titre , tant celui-ci signifie tout . Ainsi , je gagnerai du temps , temps que je pourrai mettre à profit pour encore visionner cet œuvre dont la durée est plus que conséquente , mais cela ne m'avancerait à rien , car ne regarder qu'une vingtaine de minutes de cette fresque serait un sacrilège , aussi je vous conseille de réserver quatre heures ( presque la durée du film ) pour la contempler du début à la fin . Comme je le fais pour la plupart de mes critiques , je ne vais pas m'étendre sur le sujet , et une critique d'Il était une fois en Amérique ne pourrait de toute façon pas être exhaustive et vanter tous les mérites du film , quand bien même j'y passerai ma vie entière . Le plus bel adieu au cinéma d'un grand maître , j'ai nommé Sergio Leone , la consécration de toute une vie .

Quatre amis issus des quartiers pauvre juifs de New York grimpent de leur enfance à l'âge adulte les échelons du pouvoir, en usant de la violence et la corruption. Noodles (Robert de Niro), l'un d'entre eux, revient à l'âge de soixante ans sur les lieux de cette prodigieuse ascension et se remémore sa vie, son amour et ses amis dont Max (James Woods), disparu tragiquement...

On va d'abord parler de l'artiste avant d'aborder son œuvre . Que dire sur Sergio Leone qui n'ait déjà été dit ? ( on retrouve ce phénomène chez tous les grand maîtres du septième art ) . Tout d'abord qu'il fut , et est toujours , l'un des ( le ? ) plus grands cinéastes italiens ( avec Visconti et Fellini ) , et du cinéma en général . Partant du statut de co-réalisateur sur des films italiens à grand spectacle ( essentiellement des péplums ) , il a rapidement imposé son style avec le premier volet de sa trilogie des dollars , j'ai nommé POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS , suivront ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS et LE BON , LA BRUTE ET LE TRUAND . Appartenant à la nouvelle vague de westerns dits « western spaghettis » , du fait qu'ils étaient réalisés par des italiens ( ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS et LE BON , LA BRUTE ET LE TRUAND restent pour moi les meilleurs western à ce jour , et de très loin , avec un autre que j'évoquerai plus tard ) , les films de cette trilogie imposèrent le style de leur auteur : personnages charismatiques ( et là je ne parle pas uniquement de l'homme sans nom , meilleur rôle de Clint Eastwood , mais de tous les personnages ) , violence , maîtrise ultime ( ultime ! ) de la mise en scène , effets de styles uniques , dialogues parfaits . Bref , cette trilogie très connue ( bien que son premier opus , de loin le moins bon , ne soit pas très célèbre ) reste et est toujours LA référence en matière de westerns . Puis vint une seconde trilogie : la trilogie des « Il était une fois » . Le premier volet , IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION , est excellent mais n'égale pas la plupart de œuvres du maître . Puis , IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST , chef d'œuvre immortel , adieu déchirant au western , et considéré par la plupart des cinéphiles comme le western ultime ( et oui , c'est celui dont je parlai précédemment ) , et bien sur IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE , dernier film de Leone , qu'il tourna sur une période de près de 10 ans . Avant de finir sur Leone , dernière chose importante à savoir : Ennio Morricone , un des plus grands compositeurs de tous les temps , est le compositeur attitré de Leone , d'où la musique inoubliable de ses films .

Il est maintenant temps d'entrer dans le vif du sujet . Et c'est là que le bât blesse : je vais me contenter d'énumérer machinalement tout ce qui fait d'Il était une fois en Amérique , sans m'attarder , dire à quelles scènes j'ai pleuré , bref : tout le genre de détails qu'on ne peut écrire sous peine d'y passer une vie , je vais tout simplement passer outre , excusez moi d'avance .

Il était une fois en Amérique est la plus grande fresque jamais portée à l'écran , entièrement conçue et réalisée par Sergio Leone . Elle retrace la vie de Noodles ( Robert De Niro , son plus grand rôle , mais j'y reviendrai ) , j'entend par là toute sa vie , de son enfance à sa vieillesse . Je souligne donc là que lui ainsi que tous les personnages du films évoluent sur cette période , que les rôles sont parfaits ( James Woods n'est pas le seul ) , que les acteurs choisis pour faire les rôles des enfants sont parfaits et que les acteurs sont si bien vieillis qu'on y croit . Inutile de parler de l'interprétation générale , tout simplement parfaite .

Le film , en retraçant cette vie , aborde donc tous les thèmes qui s'y rattachent , à savoir l'amour , la mort , les sentiments . A la fois belle et violente , cette fresque est tout simplement magnifique . La mise en scène de Leone est encore une fois parfaite , et il arrive à faire éprouver toutes les émotions au spectateur avec une maestria jamais égalée , tout simplement parfait , et chaque scène nous fait pleurer , rire , aimer , bref , on n'a jamais vu cela depuis ( on ne l'avait pas vu avant d'ailleurs ) . La musique est parfaite ( elle aussi ) , et Morricone , nous livre peut-être ici sa plus belle partition ( je tiens d'ailleurs à signaler que mes parents se sont mariés sur cette musique ) , tout simplement inoubliable ( comme le film ) . En fait , si l'on devait critiquer le film , il faudrait dire que tout est parfait , mais ce tout est impossible à énumérer .

On en arrive à la conclusion , et je n'ai strictement rien dit ( non , le fait de dire que je n'ai parlé que d'un millième du film ne peut être qualifié d'exagéré ) sur ce ... Je ne sais pas comment qualifier ce film , vraiment . Leone dit adieu au cinéma , et cet adieu est également l'aboutissement total d'un art . Bref , je n'ajoute rien , les mots me manquent . Je ne saurai que conseiller à tout ce qu'il ne l'ont jamais fait de visionner Il était une fois en Amérique , rien qu 'un simple visionnage leur parlerait plus que des millions de pages .
Il était une fois en Amérique est l'un ( le ? ) meilleur film jamais fait , et en disant cela je me rend compte à quel point je ne lui ait pas fait hommage dans les lignes précédentes . Tant pis , vous n'avez qu'à retenir la phrase précédente , je pense qu'elle suffit à tout comprendre sur ce qu'est le film . Enfin non , pour tout comprendre , le meilleur moyen reste encore de le voir . Je terminerai ce sacrilège par : IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE , un film de SERGIO LEONE avec ROBERT DE NIRO . C'est ce qui figure sur la pochette de la bande originale du film , et qui pour moi ainsi que pour tout ceux qui l'ont vu , veut tout dire .

Ma note : 10/10 IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE .

# Posté le jeudi 24 novembre 2005 13:18

SHINING

SHINING
Adapté d'un très mauvais roman de Stephen King ( d'autre part , si vous ne trouvez ne serait-ce qu'une œuvre à peu près lisible de cet auteur c'est que vous êtes profondément masochiste ) , Shining est un monument du cinéma Fantastique , qui a laissé des marques indélébiles dans ce genre adoré par un grand nombre de spectateurs . La première question qui vient donc naturellement au lecteur qui vient de lire ces premières lignes est donc : comment une adaptation d'un Roman de Stephen King a-t-elle pu marquer le cinéma à tout jamais ? C'est sans compter le fait que l'homme à l'origine de cet œuvre n'est autre que l'un des plus grands génies du 7ème art ( qui nous a malheureusement quittés il y a quelques années ) , j'ai nommé Stanley Kubrick . Tout de suite , on est grandement rassuré .

Jack Torrance, gardien d'un hôtel fermé l'hiver, sa femme et son fils Danny s'apprêtent à vivre de longs mois de solitude. Danny, qui possède un don de médium, le "Shining", est effrayé à l'idée d'habiter ce lieu, théâtre marqué par de terribles évènements passés...

Que dire sur Stanley Kubrick qui n'ait déjà été dit ... Cet homme , ce génie a marqué à tout jamais l'histoire du cinéma par son génie . Appartenant à la nouvelle vague de grands réalisateurs d'après guerre , ce dernier nous avait déjà livré de grands chefs d'ouvres avec , entre autres THE KILLING ( que Tarantino doit connaître par cœur ) ou encore SPARTACUS . Mais en plus de ces œuvres , cet auteur d'exception nous a livré ne serait-ce que certains des plus grands films de tous les temps ; et là je parle de DR FOLAMOUR , qui a révolutionné le cinéma de dénonciation politique , mais aussi de BARRY LYNDON , la plus grand film historique de tous les temps , mais aussi une œuvre d'art immortelle , ou encore 2001 ODYSSEE DE L'ESPACE ou ORANGE MECANIQUE , soit respectivement le plus grand film de S.F/philosophie de tous les temps , analysé par des centaines de cinéphiles qui y passent parfois une vie et où encore tout n'est pas compris ; et le film le plus violent le plus fous ( du moins pour les censures anglaises ... ) Chaque genre que le maître a touché , il l'a révolutionné , et Shining ne déroge pas à la règle, étant un des plus grands films fantastiques .

Faire une critique de cette œuvre sans tomber dans le piège de l'analyse est une dure tâche à laquelle je vais m'atteler , non sans difficultés . Pièce maîtresse d'une filmographie exceptionnelle , Shining suit une des grandes obsessions du maître , à savoir l'étude de la nature humaine . A ce stade là , nous sommes tous en mesure de dire que le film ne respecte que très peu le livre de King , ce qui n'est pas pour nous déplaire . Kubrick s'approprie complètement l'œuvre pour nous en livrer son interprétation de cette histoire , interprétation à mille lieux de l'infâme matériau de départ . On avait déjà constaté ce phénomène sur ORANGE MECANIQUE , où Kubrick avait complètement modifié le livre de Anthony Burgess pour mieux le retranscrire à l'écran . La photographie est parfaite , ce qui n'est pas une surprise , et chaque plan de caméra a une signification particulière ; chose que l'on constatera lors de la plupart des longs travellings , en apparence anodins mais qui se révèlent d'une utilité particulière à l'étude du film . En parlant de caméra , Le film fait preuve d'une virtuosité rarement égalée ( et ce n'est pas la quantité de nouveaux films qui abusent des conventions du clip qui nous contrediront ) en ce qui concerne les mouvements de caméras , et on a encore une fois la preuve que personne ne saura jamais filmer comme Kubrick . La steadycam , procédé récent à l'époque , n'a d'ailleurs pas trouvé de meilleur emploi depuis Shining , où son utilisation rend le spectateur muet ...

La musique , excellente , ne contraste pas avec le reste du film , et est tout simplement grandiose ( réécouter le thème de la folie , présent lors de l'ouverture , est un bon moyen de comprendre ce fait ) et remplit beaucoup de rôles , dont celui de faire monter la pression chez le spectateur , déjà envoûté et pétrifié . Les décors sont grandioses , que ce soit l'hôtel , ou encore labyrinthe , deux lieux qui comportent de nombreuses analogies .

Le film doit aussi beaucoup à l'interprétation de ses acteurs , magistraux ( quoiqu'on puisse émettre une réserve vis à vis de l'interprétation de Shelley Duval ) , et Jack Nicholson ne trouvera jamais d'aussi bon rôle ( et pourtant , revoir VOL AU DESSUS D'UN NID DE COUCOUS ) , et bien que le nombre de protagonistes soit mince ( si l'on exclut ceux qui demeureront invisibles , je n'en dit pas plus ... ) , chacun impressionne une fois à l'écran .

Mais malgré les qualités techniques , qu'est-ce qui fait de Shining un classique à l'épreuve du temps ? Dans un premier temps , c'est dans la façon dont Kubrick utilise le genre fantastique pour mieux le transcender , la façon dont il arrive à suggérer le surnaturel ( ne serait-ce qu'avec des ballons ) impressionne . La peur monte à la vision du métrage , et alors que le générique est sur le point d'apparaître , Kubrick met sous les yeux du spectateur déjà choqué un dernier élément qui achève définitivement ce dernier , le laissant à ses réflexions pour toujours .

Kubrick nous livre un conte cruel , qui explore la nature humaine sous son jour le plus sombre , certes , mais aussi le plus réaliste . En parlant de conte , Shining est le seul film s'apparentant au genre qui peut se targuer d'approcher l'unique LA NUIT DU CHASSEUR , de Laughton , réalisation unique qui est encore aujourd'hui considéré par la plupart des cinéphiles comme l'un des 10 meilleurs films de la création ( mais ceci est une autre critique ... ) , et marque d'une emprunte de fer le genre fantastique .

Bref , je n'ai fait que donner mon point de vue général sur le film , et il y a tant de choses à dire que je pense moi même ne pas avoir le courage d'en écrire le dixième . Pour résumer , je dirai que Shining est un film unique , majeur , qui a marqué le genre à tout jamais . Encore une preuve du génie de Kubrick ( cela commence à en faire ) , un génie unique et inégalé dans son genre . Le film est un choc , il l'a été la première fois que je l'ai vu ( je devais avoir 9 ans ) , il l'a été récemment et je pense qu'il le sera toujours dans le années à venir . Comme la plupart des films du maître , il faut regarder au delà de ce que l'on voit pour tout saisir , mais je pense qu'un simple visionnage donne déjà une impression conséquente , en plus que de nous livrer LA définition du fantastique . Comme pour la plupart des films du maître , il y a eu un avant et un après Shining , et le film restera à jamais gravé dans les anales du cinéma .
« All works and no play makes Jack a dull boy » . Je vous laisse sur ces quelques mots , à méditer ...

Ma note : 10/10 à jamais ... à jamais ... à jamais ...

# Posté le mercredi 23 novembre 2005 08:08

Modifié le jeudi 24 novembre 2005 13:19

LE RETOUR

LE RETOUR
Après une longue période d'abscence , j'annonce mon retour , et dès mercredi ( le 23 novembre ) vous aurez de nouvelles critiques ! Mon travail ayant diminué de poids et mes visionnages ayant augmentés ( d'autre part je ne suis pas non plus un acharné de travail ) , je suis en mesure de vous livrer d'autres critiques , tâche que j'essayerai de rendre quotidienne ( vous savez que ce n'est pas une tâche mais un plaisir ) . Vous aurez donc des avis qui , je l'espère , seront le mieux construits et rédigés possibles afin de pouvoir contenter un public toujours croissant , aussi je remercie tous les gens qui , bien que ne s'exprimant pas directement , prennent la peine de venier voir ce qui se trame à cette adresse .
Je remercie également mérovingien ; un excellent critique dont je lis les productions depuis déjà un certain temps , oeuvres que vous trouverez à cette adresse ; , car il est venu voir mes critiques et m'a encouragé . http://merovingien02.skyblog.com

Je vous dis donc à bientôt pour de nouvelles critiques .
( Vous connaîtrez , entre autres , mes avis sur Shining ( Kubrick ) , Il était une fois en Amérique ( Leone ) ou encore Match Point ( Allen ) . Bien sûr ce n'est qu'un avant goût de ce qui vous attend , et je vous garantie de nombreuses critiques )

PS : la photo de cette article concerne également un ( beaucoup plus ) grand retour , que nous attendons tous avec une impatience douloureuse , et qu'on ne devra pour rien au monde manquer .
Je n'en dit pas plus , rendez vous le 14 décembre dans les salles pour un grand moment de Cinéma ...

# Posté le samedi 05 novembre 2005 09:27

Modifié le mercredi 23 novembre 2005 13:22

L'INUTILE VERTU in PRINCESSES D'IVOIR ET D'IVRESSE

L'INUTILE VERTU in PRINCESSES D'IVOIR ET D'IVRESSE
Voici , pour la première fois , une critique littéraire , de L'inutile vertu , de Jean lorrain , que j'ai du faire pour le Lycée . Il est important de noter qu'il n'y aura presque jamais de critiques littéraires à cette adresse , mais je trouve intéressant de publier celle-ci .
Merci de votre compréhension

On connaissait Jean Lorrain ( 1855-1906 ) sous le pseudonyme de Paul Duval , pour ses qualités de journaliste ( pour « Le chat noir » ) , mais il est également auteur de romans ( Monsieur de Bougrelon ( 1897 ) , Monsieur de Phocas ( 1901 ) , La Maison Philibert ( 1904 ) ) . Son œuvre romanesque , très inspirée par son métier de chroniqueur , ne comporte pas uniquement ces romans , car il est également auteur de contes décadents , consignés dans l'ouvrage Princesses d'ivoire et d'ivresse ( 1902 ) , qui contient L'inutile vertu .


L'inutile vertu , récit fantastique , narre la quête de Bertram , « bâtard adultérin élevé dans l'idée même de la vengeance » , parti venger l'honneur bafoué de sa mère la Reine d0aquitaine . Au cours de son voyage , Bertram va être confronté à des évènements en apparence surnaturels , et va , à la fin de sa quête , se trouver devant un fait qui , quand il va l'apprendre , va l'étonner autant que le lecteur .

L'inutile vertu est un conte fantastique : tout dans le récit s'apparente à un conte. Le cadre du récit , volontairement indéfini ou encore la plupart des éléments de l'histoire correspondent aux clichés de ce genre ( Une reine , son fils le chevalier coupé du monde , des endroits étranges et qui paraissent merveilleux , comme la forêt , décrite d'une manière propre aux contes ). Ce qui n'empêche pas que le cadre du récit soit réaliste. Ainsi , le héros, Bertram , va-t-il être confronté à des évènements en apparence surnaturels , et aura , comme le lecteur , le choix de les interpréter de façon rationnelle ou en admettant l'hypothèse du surnaturel , ce qui est la définition même du genre fantastique .
Tous les évènements auront néanmoins une symbolique propre, que le lecteur peut choisir d'interpréter de différentes façons.
Bien que le narrateur du récit soit omniscient ( comme dans la majorité des contes ) , qu'il connaisse donc toutes les données de l'histoire ( comme l'histoire de Bertram , celle de la reine ) , il n'admettra aucune hypothèse quant aux faits qui peuvent relever du surnaturel , et laisse donc au lecteur de décider de l'interprétation de ces faits .

L'histoire s'inscrit comme une parabole sur le sens de la vie , c'est la quête de Bertram qui va le lui révéler , quête pour laquelle il a été conditionné depuis son enfance. A travers son périple , tout ce qu'il va voir, y compris le dernier élément qui constitue en quelque sorte un effet de chute , a une symbolique propre à ses yeux . Le fait de considérer certains événements de façon rationnelle ne fait qu'appuyer cette dimension symbolique : aussi si l'on considère que ce que Bertram voit est tiré de son imagination , on ne peut que plus facilement expliquer ces faits par la symbolique qu'il représentent aux yeux du héros. Toutes ces apparitions féminines , alors que l'on sait que Bertram a été élevé dans un couvent par des moines , coupé des femmes, sont chargées de symboles.
D'autres éléments , en revanche , montrent clairement l'inspiration mythologique : il ne s'agit pas uniquement des clichés propres aux contes que l'on retrouve dans le récit , mais aussi de certains évènements , comme par exemple le fait que les filles qui apparaissent dans la forêt soient au nombre de trois(les trois Parques) , et que leur description amène à le lecteur à les comparer aux nymphes ; ou encore le navire avec à sa proue le vieillard , élément également puisé dans la mythologie grecque , la voile de Thésée ou qui peut faire penser au « passeur » , qui conduit les morts voire au mythe du Hollandais Volant et son vaisseau fantôme. On voit clairement ici que les conventions de la nouvelle sont respectées , et que chaque élément a son importance symbolique et apporte quelque chose au récit ce qui , en plus d'y ajouter de la richesse, le rend plus fluide .
On suit en quelque sorte la quête du Graal de Bertram , et bien que cette quête ne soit au départ pas la sienne , il va découvrir en quelque sorte son identité , ce qui ne fait qu'ajouter une dimension plus tragique au récit.

Jean Lorrain , en s'inspirant des contes traditionnels et de la mythologie , a livré , avec L'inutile vertu , un conte fantastique très riche symboliquement , qui abolit en quelque sorte la frontière entre réel et merveilleux ( voir les descriptions des lieux du récit , qui font penser à un conte de fées ) pour mieux illustrer cette parabole sur la quête d'identité .
Œuvre tout à fait inattendue de la part du journaliste, ce conte est en quelque sorte une fable moralisatrice , une histoire très poétique qui , bien que respectant les codes du genre , bouscule son statut de nouvelle pour entrer dans un univers onirique : Du conte fantastique à la réflexion philosophique.

# Posté le vendredi 04 novembre 2005 15:08

PITCH BLACK

PITCH BLACK
En 2000 sort discrètement sur les écrans une petite série B de S.F à petit budget réalisée par David Twohy : Pitch Black . Première apparition de l'acteur Vin Diesel ( et seule prestation convaincante ) au cinéma , son succès sera médiocre , et la recette totale , bien que rentabilisant la mise de départ , ne rapporta pas assez d'argent aux studio Universal . Mais avec le début de l'ère du DVD , le film a connu un tout tournant imprévu . En effet , le film a vite conquit de nombreux spectateurs , qui ont cru au renouveau de cinéma de genre , et est de devenu pour de nombreux fans un film culte . Alors , que reste-t-il après visionnage de cet œuvre de science fiction fauchée ?

Un vaisseau spatial transportant une quarantaine de civils est percuté par une météorite et se crashe sur une planète inconnue. Les membres de l'équipage périssent dans l'accident, à l'exception de Fry, une jeune pilote, et de quelques survivants. Parmi eux, un imam et ses disciples, un antiquaire, une géologue, une adolescente, le chasseur de prime Johns et Riddick, un criminel endurci en cours de transfert vers sa prison. Alors que le petit groupe tente de s'organiser sous un climat aride de jour perpétuel dominé par trois soleils, ils découvrent qu'une éclipse va bientôt frapper la planète, permettant à de monstrueuses créatures nocturnes de se mettre en chasse...

Le film démarre . Très vite , si l'on connaît quelque peu les ambitions du film et son petit budget , on est frappé par la qualité visuelle . Le crash du vaisseau est impressionnant , et les décors de la planète ainsi que les effets spéciaux le sont tout autant . Même aujourd'hui ; alors que certains films sont graphiquement démodés ( à cause de la perpétuelle évolution des effets numériques ) cinq ans après leur sortie , Pitch Black impressionne toujours autant , et peut même rivaliser avec certaines grosses production . La photographie du film est magnifique , d'un esthétisme rare : le principe des trois soleils est merveilleusement bien rendu à l'écran , avec un éclairage parfois bleuté parfois brillant , et les plans de nuit sont magnifiques . On a rarement vu si belle photographie , surtout dans ce genre de productions .
Dès le générique , le rythme est lancé : on se retrouve vite dans l'action , et le film ne se perd pas en considérations inutiles , se contentant d'aller droit à l'essentiel . Néanmoins , alors que ce principe aurait pu donner un film se concentrant uniquement sur l'action , ici , les personnages sont travaillés , et la dialogue ne sont pas idiots et encore moins inutiles . En fait , c'est tout le film qui est rythmé , car on vit les péripéties en même temps que les protagonistes . Les personnages , eux , sont assez normaux pour réagir de façon logique et tiennent compte de leur façon de penser , chose que l'on ne retrouve pas non plus dans la plupart des productions de cette taille , et même dans certaines grosses production .
La musique , elle , est très bonne , à la fois simple et épique .

Mais ce qui fait de Pitch Black un excellent film , ce sont tous ces éléments , ajoutés à d'autres . Passé la perfection technique et l'interprétation générale des acteurs , le film est quand même excellent . Tout d'abord , il y a l'histoire , et son cadre . Le film se déroule dans le futur , sur une planète inconnue . Mais l'espace dans lequel se déroule l'action est parfaitement bien utilisé : c'est une planète aride , éclairée par deux soleils ( élément qui permet d'aborder deux esthétiques différentes ) , où il fait donc toujours jour . Les créatures féroces , elles , craignent le soleil , et se réfugient dans les endroits sombres ( sous la terre , par exemple ) . Seulement voilà , nos "naufragés" échouent sur cette planète juste pendant la rare période de l'éclipse . Je vous laisse deviner la suite .
Malgré une histoire simpliste , le film arrive à sortir de ce postulat de départ pour nous livrer bien plus qu'une simple série B ou un simple "survival" . On reconnaît ici des analogies avec la filmographie de John Carpenter : un petit univers totalement maîtrisé , des personnages différents en tout points amenés à coopérer , et une menace . Au début , la menace semble être Riddick : on sait peu de choses sur lui , à part que c'est un dangereux meurtrier , et que suite à une opération , il peut voir dans le noir . Mais , comme il le dira , la menace de vient pas de lui mais de "cette chose sous terre" . Bien que Riddick soit en tout point opposé avec les autres personnages , il va les aider à organiser la survie . En réalité , le vrai "méchant" du groupe va s'avérer être le chasseur de primes , même si la plus grande menace ne vient pas non plus de lui . Je n'en révèlerai pas plus .
Ainsi , le spectateur suit la "survie" des personnages avec un réel intérêt . En plus de s'inspirer sur les films de Carpenter , le film tire ses références dans des grandes oeuvre du cinéma de genre , comme Predator ( cela saute aux yeux ) ou d'autres , qui , comme on le voit , sont d'excellentes références .
Le film , alors , n'aurait aucun défauts ? Si , on trouve en le regardant certains éléments qui l'empêchent de devenir LA référence du genre . D'une part , le film ne s'assume pas totalement au niveau des références : ainsi certaines idées ne sont pas poussées jusqu'au bout , comme le fait que la fillette qui saigne n'attire pas les monstres comme cela l'aurait du , ou encore le fait que certains personnages , face aux dangers , changent autant de mentalité face au danger ( comme l'antiquaire qui décie d'aider pour s'en sortir , alors qu'au départ il laisse les autres faire en sirotant du whisky ) , ce qui fait un peu cliché , surtout que le début du film décrit si bien la mentalité des différents personnages . De ce point de vue là , on peut dire que Riddick , est , comme d'autres personnages , très travaillé sur le plan psychologique , et n'est pas seulement le héros qui va aide les autres à la fin . La fin , elle , est relativement inattendue , bien que conventionnelle à ce genre de films . En parlant de convention , on peut dire que le film remplit son contrat en thermes de violence , et préfère une approche plus subtile ( ombres , utilisation du noir , cadrage , bruits ) pour aborder la violence que par exemple Predator , qui n'épargnait pas le spectateur avec ses cadavres dépecés .

Sorti dans un paysage très vide en matière de ce genre de cinéma , Pitch Black est donc bien la "bombe" tant vantée , bien qu'il n'ait pas inspiré d'autres réalisateurs , ce qui est dommage . Il était donc en quelque sorte le renouveau d'un cinéma laissé un peu pour compte depuis la fin des années 90 , un cinéma pourtant de qualité ( enfin parfois ) qui avait son public . Un excellent film , qui n'a presque pas de défauts , qui se joue d'un budget rachitique pour nous livrer un spectacle éblouissant et qui , j'espère , amènera ceux qui ont aimé le film et qui ne connaissaient pas ce genre à le découvrir , genre qui a acquis ses lettres de noblesse grâce à ce genre de films , et grâce à des réalisateurs reconnus comme grand ( John Carpenter , John Mc Tiernan ... ) . Une réussite , qu'il faut considérer comme un seul film , et non en incluant le relativement mauvais "Les chroniques de Riddick" , suite inutile et hors sujet . Pas un de mes films cultes , mais un film que j'ai adoré et que je revois souvent avec plaisir .

Ma note : 7/10 Un excellent film de genre , en quelque sorte le renouveau d'un cinéma en perte de vitesse

# Posté le mardi 01 novembre 2005 07:54

Modifié le samedi 26 novembre 2005 06:48