AZUMI

AZUMI
Si il est bien un univers extrêmement difficile à transposer à l'écran , avec de vraies images , c'est bien celui du Manga . Certes , et beaucoup de réalisateurs ont opté pour cette méthode , on peut se jouer des conventions du genre pour adopter un style graphique particulier , mais adapter un manga en gardant l'esprit original dans chaque plan n'a jamais été tenté ( On considère qu'Old Boy tire très peu de choses de l'œuvre papier d'origine ). Cette fois , c'est Ryuhei Kitamura , auteur de l'imparfait mais au combien jouissif VERSUS , qui va relever le défi en adaptant un manga très populaire dans l'archipel nippon , j'ai nommé Azumi . Le film , bien qu'étant une grosse production au japon , est arrivé en France en DVD et n'a donc été vu que par un public très restreint , ce qui est fort dommage lorsque l'on voit à quel point cette œuvre est réussie et divertissante .

Azumi, jeune fille orpheline, est recueillie par un maître en arts martiaux. Loin de toute civilisation, elle va apprendre avec neuf autres jeunes garçons les meilleures techniques de combat au sabre. Après plusieurs années d'entraînement, les dix compagnons, devenus de puissants guerriers assassins, doivent partir accomplir leur première mission : tuer un puissant chef de clan...

Après une très courte introduction , lyrique à souhait , le film démarre avec un combat . Des jeunes se battent au Katana dans une forêt . On reconnaît très vite la griffe de son auteur , et cette séquence fait volontairement penser à VERSUS , qui lui se déroulait uniquement en forêt , et était selon le public le premier film d'action non-stop . Azumi paraît beaucoup plus calme , bien que l'action ne manque pas au spectateur , et le divertissement est l'objectif principal du métrage . Le spectateur , qu'il connaisse ou non le Manga , j'entend par là le Manga en général , est tout de suite confronté aux clichés du genre , qu 'ils soient visuels ou thématiques . Mais la où Azumi surprend le plus , c'est que non seulement le film respecte à la lettre des conventions de la bande dessinée japonaise , mais qu'il transcende chaque élément par une mise en scène brillante et un sens de l'émotion certes primaire mais très juste .

Visuellement , le film transpire le Manga à chaque image , à chaque plan . Les héros sont charismatiques , les méchants grotesques et il n'y a pas vraiment de tiers neutre . Les combats , eux , sont démesurés ( il suffit de voir le duel qui oppose l'héroïne à pas moins de deux cents hommes pour s'en convaincre ) , et le sang coule , ou plutôt gicle à flots . On retrouve néanmoins la mise en scène caractéristique de son auteur , bien que cette dernière tire elle même son inspiration dans le Manga .
La musique est très belle et très poétique , ce qui est étonnant pour un film du genre . Certes , on est plus proche des petites mélodies lyriques que des grandes envolées épiques , mais au final le tout reste d'une excellente facture .
Un des défauts majeurs du film reste néanmoins sa distribution . Mis à part Azumi , interprétée par Aya Ueto , mannequin réputé sur l'archipel et qui s'en tire très bien à l'écran , le maître et quelques seconds rôles , la plupart des acteurs sont très moyens , pour ne pas dire mauvais , et l'interprétation générale laisse grandement à désirer . Dommage , car on se dit que si cet aspect là du film avait été plus soigné , l'aspect tragique de certaines scènes se serait vraiment ressenti à l'écran .

La narration est linéaire mais efficace . On suit l'aventure d'Azumi , relativement rythmée et pleine de rebondissements . Dans l'histoire également on ressent le style du manga , et certains passages sont vraiment cruels ( les élèves qui doivent s'entretuer , scène beaucoup plus triste qu'elle ne le paraît . ) , d'autres jouant plutôt la carte de l'humour et du second degré . Et même si certains passages n'ont pas le souffle émotionnel qu'ils auraient dû avoir ( pour les raisons données précédemment ) , le spectateur sera étonné par l'histoire , qui elle est quand même relativement forte . Mais ce qui étonne également , c'est de voir que le film essaye , plus ou moins avec succès , de dépasser son statut de départ pour aborder des thèmes importants . Le film transcende son postulat de départ pour nous offrir une œuvre riche , du moins plus qu'elle n'y paraît . Tous ces éléments contribuent également à rendre le film très divertissant , et bien que la richesse du film ne soit pas énorme , on se rend quand même compte aisément que derrière tout cela il y a un savoir faire et une réflexion . Un film peu profond , certes , mais qui traite certains thèmes ( si l'on peut parler ainsi , le film n'étant pour rien au monde un film qui fait réfléchir ) avec justesse , qualité qu'il doit au matériau d'origine , relativement respecté , et au genre même du Manga .

Malgré tout , certains défauts viennent entacher un tableau pourtant très limpide . Il y a l'interprétation , mais on trouve également une carence au niveau des effets spéciaux . Je ne parle pas là des effets sanglants , globalement réussis , mais de gros effets qui sont vraiment ridicules , comme par exemple les bonds de certains protagonistes , où encore lorsqu'Azumi enflamme sa lame .Et ce ne sont que des exemples , je pourrai en citer d'autres . Certains mouvements de caméra nuisent à la clarté de l'action et donnent un caché peu honorant à certaines rixes . Mais on trouve également de grosses fautes de goûts qui parsèment le film , comme les costumes ( très peu sont réussis ) , les maquillages ( si l'on associe les deux éléments on voie à quel point certains personnages sont risibles ) , ou encore les décors . Un aspect qui rend bien sur papier mais qui une fois à l'écran devient vraiment Kitsch . Autant de mauvais points qui peuvent rebuter un spectateur peu tolérant et qui nuisent grandement au métrage .

Le film reste tout de même d'excellente facture , assurant sur toute la durée un divertissement de grande qualité . Le pari est gagné pour Kitamura , qui arrive relativement bien à transposer un univers sur pellicule . Certes , des défauts persistent , mais le film contient son lot de scènes anthologiques et fait vraiment ressortir son aspect manga . Azumi , c'est loin d'être du grand cinéma , mais c'est au moins un film totalement assumé , qui ne vise pas trop haut mais qui parvient à attirer un fort capital sympathie , et à atteindre un niveau relativement élevé , du moins pour une production du genre .

Ma note : 7/10 un bon divertissement qui se regarde sans peine et qui reste de ( relativement ) bonne facture , surtout au niveau de l'action .

# Posté le vendredi 09 décembre 2005 16:01

OLD BOY

OLD BOY
Adulé par les uns , décrié par les autres , Old Boy , second opus du cycle sur la Vengeance de Park Chan-Wook initié par SYMPATHY FOR MISTER VENGEANCE , est devenu rapidement un film culte pour bon nombre de cinéphiles . Récompensé du Grand Prix au festival de Cannes 2004 par Quentin Tarantino , le film aurait , pour beaucoup de spectateurs , mérité la Palme d'or si cette dernière n'avait été attribuée à Michael Moore pour des raisons politiques . Mais au fond , peut-on réellement parler de chef d'œuvre ? Avertissement à ceux qui n'auraient pas vu le film : cette critique contient des révélations très importantes quant à l'intrique du métrage .

1988. Oh Daesso est kidnappé par des inconnus en sortant de chez lui. Après avoir perdu connaissance il se rend compte qu'il est emprisonné, quelque part. Tous les jours, il est nourri et lavé. Après une tentative d'évasion et une tentative de suicide qui échouent, il se rend compte qu'il n'a même plus la liberté de se donner la mort. 2003 : Après s'être évanoui, Daesso réalise qu'il vient d'être relâché. Il a sur lui un portefeuille, de l'argent et un téléphone portable qui va se mettre à sonner. La voix à l'autre bout du fil donne le départ d'un terrible jeu : "Tu dois maintenant chercher qui je suis et pourquoi je t'ai emprisonné pendant 15 ans".

Old Boy est une adaptation très libre d'un manga éponyme . Le postulat de départ provoque une certain étonnement au spectateur lorsque ce dernier en prend connaissance . Serait-ce une version moderne du CONTE DE MONTE CRISTO , d'Alexandre Dumas . A première vue oui , mais c'est sans compter sur le talent de son auteur qui nous livre ici , en plus de son meilleur film , une des meilleurs variations sur le thème de la vengeance , et bien plus encore . En effet , le film est d'une richesse rarement atteinte , que ce soit sur le plan de la symbolique et des thèmes abordés , mais aussi à tous les autres niveaux , que ce soit l'esthétique , la musique , l'histoire ou encore l'interprétation . Une vraie leçon de cinéma .

Le film débute donc sur l'enlèvement d'Oh Dae-Soo , campé par Choi Min-Shik , tout simplement inoubliable . ce dernier se trouve donc rapidement enfermé . Toute cette partie , qui est très intéressante , est en fait narrée par Oh Dae-Soo , qui la raconte à un homme qui veut se suicider . Cette introduction , mise en exergue par la phrase « ri , tout le monde rira avec toi . Pleure , tu seras seul à pleurer » qui reviendra à plusieurs moments dans le film comme un leitmotiv , comporte déjà une thématique propre et riche : l'homme enfermé , la quête de rédemption ... Mais elle est aussi un moment de cinéma rentré dans les annales , comme toutes les scènes du film , et c'est là que l'adjectif « culte » prend tout son sens .
Le film est une tragédie de bout en bout , alternant entre le sublime et le grotesque , la haine et l'amour , la vengeance et la quête d'identité . Taxé de film manipulateur par bon nombre de critiques , il n'en est en fin de compte rien . le fait qu'Oh Dae-Soo ait été manipulé et que toute sa quête vengeresse ait été tracée par Lee Woo-Jin va bien plus loin que l'idée même de la manipulation . Cette donnée rejoint en fête l'idée de la fatalité , idée qu'il faut clairement accepter pour comprendre l'essence même du théâtre moderne , et qui est en fait le fil conducteur d'Old Boy . On peut donc de ce point de vue là faire un parallèle avec le mythe d'Oedipe , non seulement pour l'idée du destin « écrit » , mais aussi car Old Boy est un film qui traite également de la transgression . Sur deux heures , la plupart des valeurs fondamentales sont transgressées , jusqu'à la transgression ultime , celle qui brise le premier interdit de toute société civilisée , à savoir celle de l'inceste . De ce point de vue là , le fin peut être interprétée comme étant beaucoup plus sombre qu'elle n'y paraît ( cette double analyse fera l'objet d'un top séquence très prochainement ) . Mais au fond , on distingue tout de même une humanité précieuse , et Park Chan-Wook , psychologue de son état , autopsie l'âme humaine dans ses moindres recoins . Comme toute tragédie , Old Boy évoque également la question de la religion , bien que l'expression de cette dernière soit implicite . D'une part , elle est évoquée par l'idée de la quête rédemptrice , mais aussi par les images d'Oh Dae-Soo se prosternant devant Lee Woo-Jin en lui demandant pardon . Là aussi , on voit l'intelligence avec laquelle l'auteur a traité des thèmes si délicats . La symbolique du film est dans chaque plan , ce qui renforce également l'aspect tragique du film , et livrer une interprétation de chaque plan serait très long .

Qualifié d'ultra violent ( mais la censure est-elle une référence ? ) , il est vrai qu'Old Boy contient des images très violentes . La plupart des gens n'ont retenu que la scène où Oh Dae-Soo dévore un poulpe cru , la scène anthologique de bagarre dans le couloir , la torture à base d'arrachage de dents ou encore le plan où Oh Dae-Soo se coupe la langue ( où rien que le fait que le plan se concentre sur les yeux et les mains d'Oh Dae-Soo est pire que si l'on voyait clairement l'acte ) . Certes , ces scènes sont d'une rare violence , mais elles sont loin d'être les plus choquantes . En effet , le plus abominable est par exemple le fait que le spectateur assiste clairement à des scènes d'inceste , non seulement entre Lee Woo-Jin et sa sœur mais aussi Entre Oh Dae-Soo et Mido , qui est sa fille ( je l'avais senti ) . Lorsque l'on y repense , ces scènes qui ne paraissaient qu'être des scènes de sexe anodines sont en fait d'une rare violence , non seulement pour ce qu'elles représentent , mais aussi pour les lourdes question qu'elles soulèvent ( une telle passion a-t-elle le droit d'exister ? ) . C'est donc dans sa thématique qu'Old Boy peut le plus choquer , mais cette violence intrinsèque est totalement utile au récit , et appuie encore d'avantage l'aspect tragique .

Mais Old Boy ne tire pas uniquement ses qualités de l'histoire et de son traitement , car plastiquement le film frôle la perfection . l'esthétique , en plus de souligner la symbolique , est tout simplement magistrale . Que ce soit au niveau de l'éclairage ou des mouvements de caméra , une telle recherche de la perfection visuelle n'avait jamais été vue depuis les films de Stanley Kubrick ( on retrouve également le soucis de symétrie dans les plans ) . Visuellement , on peut donc parler d'œuvre d'art totalement aboutie , et on peut même aller plus loin que ce simple statut tant chaque plan est entièrement beau et calculé .
La musique , classique , est un bonheur total , et participe grandement à la réussite du film . Les partitions sont merveilleusement bien choisies et placées , on a rarement vu cela .
L'interprétation , elle , est tout simplement parfaite , et Choi Min-Shik n'est pas le seul , tous les acteurs sont magistraux , et encore une fois on a rarement vu une telle expression des sentiments .

J'en arrive donc à la conclusion , et je me rend compte encore une fois que je n'ai pas assez rendu hommage à Old Boy , qui mérite encore plus que le statut de Chef d'œuvre . Un film maîtrisé de bout en bout , où chaque aspect du scénario et de la mise en scène est sublimé par Park Chan-Wook , qui acquière avec ce métrage le statut de maître . Personnellement , je revois le film très souvent et je découvre à chaque visionnage de nouveaux éléments ( Park Chan-Wook a fait son film ainsi ) . Bref , Old Boy est tout simplement , et ce dès sa sortie , une œuvre majeure .

Ma note : 10/10 Ri , tout le monde rira avec toi . pleure , tu seras seul à pleurer .

# Posté le mercredi 07 décembre 2005 07:46

Modifié le jeudi 07 juin 2007 07:59

KING KONG 1933

KING KONG 1933
Aujourd'hui , je dresse la critique d'un des plus grands mythes du cinéma , un classique indémodable , qui a créé le film d'aventure , j'ai nommé King Kong . Bien sûr , je parle de la première version , celle de 1933 réalisée par Merian C. Cooper et Ernest B. Shoedsack , en non du ( très ) mauvais remake de 1976 . King Kong est donc le premier film du genre , et reste encore aujourd'hui , 72 ans après sa sortie , un des grands piliers de ce type de divertissement . Je vais donc essayer de rendre hommage au film à travers cette critique sans pour autant succomber au plaisir facile de la critique dithyrambique .

Le cinéaste Carl Denham va tourner son prochain film sur une île qui est toujours restée un mythe , une île qui serait dominée par un monstre , Kong . Il embarque donc avec l'équipage du Venture en destination de l'île , emmenant avec lui Ann Darrow , vagabonde qui pour sa beauté sera héroïne du film , et Jack Driscoll , aventurier . Arrivés sur l'île , ils font la rencontre des indigènes qui kidnapperont Ann pour l'offrir à Kong .

King Kong est le premier ( si l'on exclut LE MONDE PERDU de 1925 ) d'un genre ; le film d'aventure . Il a donc posé les bases d'un cinéma orienté vers le divertissement mais qui peut néanmoins être excellent si il est bien traité . Mais King Kong , c'est aussi l'un des plus grands mythes de l'histoire du Cinéma , un classique qui traverse le temps et qui reste toujours autant populaire . Mais chaque chose en son temps , alors commençons par le commencement . Nous sommes en 1933 . Merian C. Cooper et Edgar Wallace ont une idée de film , une idée qui va révolutionner le Cinéma à tout jamais . C'est l'histoire d'un singe géant arraché de sa jungle et amené de force à la civilisation , où il mourra . C'est en quelque sorte une version moderne de le Belle et la Bête . Mais c'est aussi le premier film parlant à grand spectacle . Cooper s'associe à Shoedsack et ensemble ils tournent simultanément King Kong et LES CHASSES DU CONTE ZAROFF . Le film sort , après avoir été censuré « réservé aux adultes » , et là , c'est le choc . Sur presque une heure et demie de film ( montage original ) , le public voit : Des dinosaures , une héroïne aux épaules et aux jambes dénudées , mais aussi et surtout , comme attraction principale , un singe géant qui , entre autres , se bat avec les dinosaures , écrase un village , détruit une partie de New York pour finir par se battre avec des avions au sommet de L'empire State Building . Les effets spéciaux sont révolutionnaires , c'est tout simplement du jamais vu ! Ceux qui ont découvert le film à cette époque ont du avoir un choque .

Le film suit une narration linéaire chronologiquement . Cela nous fait ressentir l'état d'esprit de l'époque , avec des ellipses placées de façon cohérente et qui ne donnent aucun effet de suspens . Le film débute à New York pendant la grande crise des années 30 , magnifiquement bien imagée par le vol de la pomme par Ann , acte qui a également une forte connotation Biblique . Puis , l'aventure continue sur Skull Island , on y rencontre Kong , et les monstres sont nombreux , puis se termine à New York . On constate un parallélisme entre la jungle tropicale et la jungle urbaine , sauf que dans l'une des deux , Kong n'est pas le roi ( la fin sera là pour nous le rappeler . ) . Le film est mis dès le début en exergue par un extrait du récit du prophète arabe concernant la Belle et La Bête ( extrait que l'on entend au début de la bande annonce du remake de Jackson ) , et tout le film la comparaison sera entretenue entre Ann et Kong , d'où la réplique finale de Carl : « ce ne sont pas les avions mais la belle qui a tué la bête » . Mais là je m'égare , et je pense que vous connaissez déjà l'histoire .

Pendant un visionnage de King Kong , le spectateur semble contemporain semble confronté à tous les clichés inhérents qu genre aventure : le héros intrépide et courageux , les monstres , la musique , les situations . Mais il faut quand même garder à l'esprit que c'est King Kong qui a posé les normes du genre . Il est donc intéressant de voir le film de ce point de vue là pour se rendre compte à quel point le film a changé la face du cinéma .

Les effets spéciaux ont aujourd'hui beaucoup de charme à mes yeux , même si pour le spectateur moyen les trouve dépassés . Kong a un charisme énorme et une palette d'émotions très riche . La prouesse technique date quand même de 1933 , mais on peut voir le film sans le trouver risible le moins du monde , tant ce genre d'effets fait plaisir à voir . Ici , la magie du Cinéma opère pleinement , et même si l'on sait que le technicien Willis O'Brien a principalement utilisé la technique de « stop motion » , procédé qui donne vie à un objet en le faisant bouger image par image , on en vient encore à se demander comment certains trucages ont été faits . King Kong a également créé les effets spéciaux .

Petit paragraphe hors sujet avant la conclusion : je vais parler de l'édition DVD z2 et du film de Jackson . Je vous conseille fortement d'acheter l'édition simple du film aux éditions Montparnasse : vous disposerez des deux montages du film et d'une image et un son restaurés , et ce pour un coût relativement faible ( l'édition collector ne comporte pas de bonus intéressants et coûte le double . )
Le film de Jackson , qui sort le 14 décembre ( mais tout le monde le sait ) s'annonce d'ores et déjà dantesque , voir Kingkonguesque , un film de genre ultime , bref un futur chef d'œuvre . Affaire à suivre donc , mais je pense fortement que le film sera un pur moment de Cinéma .

On en arrive donc à la conclusion , et je me rend compte à quel point je n'ai pas rendu hommage à King Kong , mythe intemporel du 7ème art , et qui a bercé mon enfance . Un film à la fois beau , poétique ,tragique , drôle et terriblement distrayant , qui a marqué à tout jamais les spectateurs et a changé la face du cinéma . Un classique .

Ma note : 10/10 King Kong ...

# Posté le dimanche 04 décembre 2005 15:01

APOCALYPSE NOW

APOCALYPSE NOW
Grand classique , et chef d'œuvre de Coppola ( quoique ... le Parrain est aussi une œuvre majeure ... à débattre ) , Apocalypse Now est un film qui a marqué toute une génération de cinéphiles , et qui continue aujourd'hui ( le film est ressorti en 2001 dans sa version director's cut appelée redux ) . Entraînant derrière elle toute une série de rumeurs et d'anecdotes , l'œuvre reste en elle même une des plus marquante à ce jour . Un film psychologique et violent , mais plus encore ...

Cloîtré dans une chambre d'hôtel de Saïgon, le jeune capitaine Willard, mal rasé et imbibé d'alcool, est sorti de sa prostration par une convocation de l'état-major américain. Le général Corman lui confie une mission qui doit rester secrète : éliminer le colonel Kurtz, un militaire aux méthodes quelque peu expéditives et qui sévit au-delà de la frontière cambodgienne . ( Ce résumé , comme tous ceux des autres critiques , n'est pas de moi . Merci d'en tenir compte . )

On a tendance à comparer Apocalypse Now aux autres classiques traitant de la guerre du Vietnam , comme PLATOON ( Oliver Stone ) ou FULL METAL JACKET ( Stanley Kubrick ) . Cette comparaison n'a pas lieu d'être , tout d'abord du fait que chaque auteur nous a livré son propre point de vue sur cette guerre ( Doit on rappeler qu'Oliver Stone a fait le Vietnam ) , mais aussi parce qu'Apocalypse Now est différent de tous les autres films de Guerre . Il y a peu de scènes de conflit dans ce film , mais les rares d'entre elles sont inoubliables , comme l'attaque des helicopters , sublimée par la chevauché des Valkyries . Ce genre de scènes , bien que d'une rare violence , ont un côté épique impressionnant , si bien que l'on peut bien parler d'Opéra barbare , terme employé par les critiques de l'époque . Apocalypse Now est certes un film de guerre , mais c'est aussi plein de choses autres . C'est à la fois un voyage initiatique , une quête de vérité et une descente aux enfers . Car même si le conflit est montré comme étant une déchéance morale pour ses participants , il n'en est pas moins un véritable enfer , pour les Américains mais aussi pour les Vietnamiens , bien que la thèse défendue par le film ne suive pas cette dénonciation .

Plastiquement , le film est parfait . Les images sont parmi les plus belles jamais vues , la musique est tout simplement divine ( Doors , Rolling Stones , mais aussi musique classique , thèmes épiques ) . Bref, de ce point de vue là , rien à dire . Le casting est lui aussi soigné , avec Martin Sheen ( son meilleur rôle , et de loin ) , Marlone Brando ( Tout simplement inoubliable ) mais aussi Robert Duvall ( un habitué de Coppola ) , Laurence Fishburn ( Morpheus , qui avait à l' époque 14 ans ) , Dennis Hopper ( culte ) et même Harrison Ford ( dans un de ses premiers rôles ) , et j'en passe . Pour en revenir aux images elles mêmes , elles sont tout simplement gravées dans l'histoire du cinéma , comme par exemple le plan des hélicopters . C'est aussi cela , un classique .

Le film , sorte de récit initiatique , quête rédemptrice , s'articule autour du personnage de Willard . Il parle relativement peu dans le film , mais une voix off , la sienne , occupe le rôle de la narration . On suit donc clairement son cheminement psychologique . Le film semble suivre un découpage en plusieurs actes , des moments très importants , avec entre une sorte de Road Movie sur le bateau , partie aussi importante que le reste du métrage . De ce point de vue là , je pense qu'il est inutile que je m'étende sur le sujet , le film , comme la plupart des grands films , parle mieux si on le voit . Mais je peux néanmoins garantir que sur tous les points le film est tout simplement parfait , et sur plus de trois heures rien n'est à jeter . Mais là aussi je ne cherche à convaincre personne , et je pense que peu de monde ne l' pas encore vu. Comme pour la plupart des grands classiques , il y a eu un avant et un après Apocalypse Now .

Point important tout de même , la version Redux . Si vous avez eu la chance , comme moi , de voir la version originale ( que j'ai en VHS ) , vous pouvez comparer les 2 montages , sinon , sachez qu'en DVD on ne trouve que la version Redux , entièrement restaurée . Personelement , je préfère cette dernière , et même si l'on perd quelques éléments vis à vis de la version originale ( le côté mystérieux de Kurtz , par exemple ) , le récit gagne grandement en émotion et en cohérence .

Pour conclure , je dirai qu'Apocalypse Now est plus qu'un chef d'œuvre , que c'est plus qu'un grand film , bref , je pense que le titre se suffit à lui même . Une œuvre inoubliable , qui nous fait réfléchir jusqu'à le fin de notre vie . Prenons par exemple une Phrase de Kurtz : « ils envoient des jeunes bombarder des villages mais ils les empêchent d'écrire « enculé » sur leurs avions car c'est obscène » A méditer , comme tous les autres éléments du film ( notez que j'ai choisi cette phrase car c'est la dernière que Kurtz prononce . Un des plus grands films jamais créé , bien plus qu'une œuvre majeure .

Ma note : 10/10 This is the end

# Posté le dimanche 27 novembre 2005 06:09

MATCH POINT

MATCH POINT
Dernier opus de Woody Allen , encore en salles à l'heure où j'écris ces lignes , Match Point , même si il est encore trop récent , s'inscrit rapidement comme étant l'un des meilleurs films de son auteur surdoué que j'adore tout particulièrement . Alors que la plupart des cinéphiles parlent d'un changement radical de style pour le réalisateur , Match Point garde cette signature si propre à Allen et l'adapte dans un contexte ( pas si ) différent . Cela nous fait penser immédiatement à A HISTORY OF VIOLENCE , le dernier film de David Cronemberg , sorti simultanément ; qui , en plus d'être le meilleur film de l'auteur canadien ( ce qui , en soi , n'était pas difficile ) , tranchait avec le reste de sa filmographie pour aboutir à une forme de cinéma plus psychologique et donc meilleur que ses anciens délires gores , et pourtant respectait les obsessions de son auteur . Alors , qu'en est-il pour Match Point ?

Jeune prof de tennis issu d'un milieu modeste, Chris Wilton se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec Tom Hewett, un jeune homme de la haute société avec qui il partage sa passion pour l'opéra.
Très vite, Chris fréquente régulièrement les Hewett et séduit Chloe, la soeur de Tom. Alors qu'il s'apprête à l'épouser et qu'il voit sa situation sociale se métamorphoser, il fait la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, Nola Rice, une jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre...


Changement de décors . Woody laisse son New York adoré , à qui il avait déjà fait sa plus belle déclaration d'amour dans l'inoubliable Manhattan , pour Londres . Mais , comme la plupart des autres petits changements , même un inconditionnel du maître n'est pas gêné . Partant d'un postulat de départ relativement étrange , Match point va tirer au maximum profit de son histoire pour nous livrer à l'écran une adaptation non officielle de CRIME ET CHATIMENT , de Dostoïevski ( dont je vous recommande vivement la lecture ) . On assiste dans un premier temps à l'ascension sociale de Chris Wilton , campé par un Jonathan Rhys-Meyer parfait , sorte de Raskolnikov ( le héros de CRIME ET CHATIMENT ) contemporain . Les analogies ne se comptent plus : les deux personnages pensent de la même façon , ils commettent tous deux un crime ( sauf que dans notre cas il n'y aura pas de châtiment ) ; et Chris lit même LE livre au début du livre . Bref , Woody à eu raison en adaptant à sa manière un de ses livres favoris .

Les acteurs sont excellent , bien que Woody n'apparaisse à aucun moment dans le film ( alors qu'il avait toujours un rôle principal dans ses autres films ) , chose qui peut être la seule à rebuter ses inconditionnels . La musique , elle , est totalement classique et essentiellement composée d'opéra ( j'ai d'ailleurs reconnu LA TRAVIATA , mais d'autres actes m'ont interpellé ) , mais est particulièrement inoubliable . Un gros effort à été fait sur l'esthétique générale du film , mais encore une fois , ce n'est pas une surprise , la plupart des films d'Allen étant très soignés sur ce plan là .
Plastiquement , le film est donc exempt de tout reproche . Mais alors , qu'est-ce qui fait la force du métrage ? Il y a d'abord le génie de son auteur : on reconnaît très bien l'humour si particulier qui le caractérise ( humour particulièrement fin ) , et les dialogues sont encore une fois inoubliables ( « Tu as bu un Gin Tonic de trop ... » ) . Le film développe ses idées jusqu'au bout , comme l'idée de la balle de tennis qui cogne le filet , très belle métaphore qui illustre bien le sens de la vie , la pensée de Chris ( donc celle de Raskolnikov ) , mais qui participera grandement à un effet de chute inattendu , qui soulignera néanmoins cette thématique . Woody nous montre la bourgeoisie sous un jour très drôle mais aussi très réaliste . Mais , comme pour la plupart des adaptations de livres ( même si celle-ci n'est pas officielle ) , le film tire aussi sa richesse du matériau de départ , à savoir l'ouvrage de Dostoïevski .

Ce sont donc tous ces éléments qui font de Match Point un grand film . Comment aurait-il pu en être autant : c'est un film de Woody Allen , inspiré par Dostoïevski , avec des acteurs irréprochables , une musique divine et j'en passe . Le nom de son auteur évoque déjà de nombreuses qualités cinématographiques : un humour irrésistible , une intelligence dans le propos qui se voit au premier coup d'œil ; bref , vous avez compris , je crois que m'étendre sur le sujet serait stérile . Match Point s'inscrit donc dans les meilleurs films de son auteur , avec entre autres MANHATTAN , HARRY DANS TOUS CES ETATS ou encore LA ROSE POURPRE DU CAIRE . Woody tourne désormais en Angleterre ( son prochain film , SCOOP , se déroule également à Londres ) , et a su rallier à sa cause , avec Match Point , la plupart de ses détracteurs et ceux qui ne le connaissaient pas , ce qui en fait un réalisateur unique de plus en plus suivi . Un coup de maître .

Ma note : 9/10 Excellent de bout en bout .

# Posté le samedi 26 novembre 2005 06:03